dimanche 5 avril 2009

Administration

Le conseil municipal est composé de 11 membres.

Tourisme et environnement

En raison de son panorama, de ses chemins, de sa flore, de sa faune et de son patrimoine architectural et historique, Aubusson mérite la visite des Bocains. Le visiteur-à qui il est conseillé de se munir du fascicule Randonnées et promenades, édité par la C.A.P.F et plus particulièrement de la partie concernant le circuit n°10 "les panoramas"-pourra découvrir, venant de Saint-Georges-des-Groseillers, en entrant dans le hameau du Coudray, sur sa gauche, une de ces anciennes maisons de tisserand avec un perron permettant d'accéder au logement alors qu'en dessous se situe le cellier qui abritait autrefois le métier à tisser, puis une belle maison aux encadrements en granite et au remplissage en cornéennes construite en 1862, plus loin encore un corps de ferme avec des bâtiments parmi les plus anciens de la commune alors que, sur la droite, un ancien entrepôt a été restauré, transformé en résidence. Gravissant la côte, le visiteur passera devant la stèle de granite érigée en mémoire de Frank Grdenich. Place du major Ned-Thornburn, il associera la découverte d'un remarquable panorama, de la ligne de crête partageant les bassins hydrographiques de l'Orne et de la Loire aux sommets du Calvados, et celle de lieux de mémoire (stèle à la 11e D.B.B, monument aux morts, souvenir d'Henri-Laforest, calvaire de l'ancien cimetière), voisinant avec la vieille église à l'intérieur modernisé, avec la mairie autrefois presbytère, avec la spacieuse salle polyvalente, avec l'ancienne école. Passant entre le "vieil Aubusson" du XIXe siècle et l'"Aubusson pavillonnaire" de la Chesnaie, il se dirigera vers la Croix-des-Aumônes. Après le cimetière, une vue de l'agglomération flérienne et des villages en site d'acropole se présentera à lui. De l'autre côté, il découvrira le complexe sportif entouré par des haies aux essences variées.

Adepte des paysages naturels, il pourra sillonner, en consultant l'ouvrage publié par l'Association Faune et Flore de l'Orne sur la commune d'Aubusson, les chemins bocagers (de la vallée de la Vère au hameau du Coudray, du Coudray au gué de la Guermondière, du Bortrieu, du Moulin d'Aubusson au Vivet par la Croix-des-Aumônes et les Rihardières) ou encore longer le ruisseau d'Aubusson, la Vère, la mare de la Blanchisserie et la tourbière du ruisseau de la Gosselinière.............La flore y est très riche et originale avec érables, aulnes, chênes pédonculés et sessiles, cerisiers sauvages, noisetiers, hêtres, chataigniers, fougères, iris jaunes, orchidées et toute une palette de fleurs...........286 espèces botaniques ont été recensées sur le sol d'Aubusson dont 33 d'arbres, arbustes, arbrisseaux.

La faune n'est pas en reste avec 58 oiseaux-certains sédentaires, d'autres estivants ou hivernants-observés à Aubusson dont quelques-uns peu fréquents dans la région comme le loriot d'Europe, des centaines d'insectes et notamment toutes les familles de papillons diurnes rencontrées dans le département, des reptiles, des lapins de garenne, etc...Aubusson ne manque donc pas de charme et d'atouts d'autant que le gîte rural du Clos de la Mare offre désormais la possibilité d'y séjourner dans un nid de verdure.

Lieux et monuments

.Eglise Saint-Céneri
.Mémorial à la mémoire des vétérans de la 11e Division blindée britannique.

Sport

.L'Association sportive d'Aubusson fait évoluer 2 équipes de football en divisions de district
.L'Association sportive du Comité des Fêtes d'Aubusson fait évoluer 2 équipes de tennis de table en division départementale.
Une "hémorragie démographique" de la fin des années 1870 à la Grande Guerre

Dénombrant encore plus de 500 habitants au début du dernier quart du XIXème siècle, Aubusson en comptait moins de 190 au début des années 1920. En moins d'un demi-siècle, la chute avait été spectaculaire, et notamment au tournant des années 1870 et 1880 et au début des années 1890 lorsqu'au déficit naturel se conjugèrent 2 vagues d'immigration, d'abord vers le pôle flérien, puis vers d'autres centres urbains plus lointains. Engagée vers 1866-1867, s'étendant sur un quart de siècle, la révolution industrielle de l'agglomération flérienne fut en effet inachevée et ne put contribuer à retenir tous les migrants de la région, la sécheresse de 1893 ayant de plus accentué cet inexorable exode rural.

Pour de nombreux Aubussonnais, la concurrence des usines condamna à mort le tissage à domicile et, au tout début du XXème siècle, le nombre de tisserands devînt, à Aubusson, inférieur à celui des agriculteurs. Avec la moindre pression démographique sur le sol de la commune, ces derniers transformèrent, à la fin du XIXème, en herbages les parcelles autrefois consacrées à la culture du seigle ou du sarrasin. Ce "couchage en herbe"- qui teinta de vert le paysage aubussonnais-fit aussi que l'agriculture d'autosubsistance cohabita avec une agriculture commerciale qui pouvait écouler sur les marchés des villes voisines des productions laitières (beurre), avicoles ou fruitières (dérivés de la pomme).

Signe de ces mutations socio-professionnelles en cours, au fabricant Victor Gauquelin succèdèrent à la tête de la commune 2 cultivateurs. Armand Hélie (1900-1904) et Jules Pottier (1904-1919). Les dossiers prioritaires ne changeaient pas: entretien des bâtiments communaux et amélioration des voies communales. A la fin des années 1870, les cours de récréation des garçons et des filles furent séparées et une clôture fut installée le long de la voie publique; puis, au milieu des années 1880, la couverture fut en partie refaite ainsi que la cheminée du logement de l'instituteur; enfin, au début des années 1900, à nouveau la toiture, le plancher de la classe des garçons, le chauffage pas de sauvegarder l'existence de 2 écoles séparées. A compter de 1890, une menace pesa en effet sur le maintien de l'école spéciale de filles. Ce fut finalement au début de 1903 que les 2 classes furent réunies au sein d'une école mixte, obligeant l'instituteur laïc et l'institutrice congréganiste à céder la place à mademoiselle Binet, une institutrice laïque, qui intruisit les jeunes Aubussonnais des 2 sexes pendant plus de 2 décennies.
Le désenclavement de la commune progressa aussi du Second Empire.A partir de 1854, fut en effet terrassé sur le sol d'Aubusson le chemin de moyenne communication n°29 dit de La Forêt-Auvray à Truttemer. Traversant la commune d'est en ouest, il passait par le bourg, mordant ainsi sur le cimeière, et par le Coudray. Il fallait, entre ces 2 lieux, tenir compte de la pente et, au début des années 1860-le chantier avançait lentement-une large courbe fut tracée, interdisant ainsi le passage de cet axe au coeur du hameau de la Villière. Ensuite encaissée, cette route permit de joindre Aubusson à Saint-Georges-des-Groseillers et, par Rainette, au coeur de Flers. Un autre chemin, le C.V. n°4, passant par la Guermondière, permit aussi de joindre, par la Planchette, le bourg d'Aubusson au chef-lieu de canton. Cela était d'autant plus important pour les affaires de la commune que Flers bénéficia, au début des années 1870, d'un noeud ferroviaire alors que plusieurs établissements industriels s'édifiaient sur le sol de cette ville en pleine expansion.

La traversée du bourg par le chemin de moyenne communication n°29 et les carrefours avec les chemins vicinaux n°2 et n°4 qui en résultaient d'une part, la construction de plusieurs maisons le long de ces voies d'autre part, rendirent dès lors difficile le maintien du cimetière, exigu et insalubre, au côté de l'église. Faute de moyens financiers, les municipalités Vardon et Lecornu ne purent régler le problème et ce fut donc la municipalité Gauquelin qui bénéficia d'une solution apportée sur le plateau par Julie Anne Lecornu, complétant ainsi l'oeuvre de son mari, l'ancien maire, en faisant donation, en 1872, d'une parcelle située le long du C.V.n°4 à charge pour la commune d'en faire un cimetière. En son centre fut édifiée une chapelle funéraire où furent inhumés Jean et Julie Lecornu qui furent donc de grands bienfaiteurs de la commune d'Aubusson.
Bonaparte ayant rétabli les municipalités communales et donc la fonction de maire-toutefois placé sous la tutelle du préfét institué en 1800-Charles Callais fut auparavant à la tête de la commune d'Aubusson(1800-1813).La défaite de Waterloo ayant entraîné un changement de régime, son successeur Pierre Vardon du céder la place de maire au laboureur Pierre Duhazé (1815-1829). Quittant Aubusson pour Saint-Georges-des-Groseillers, celui-ci fut remplacé par un autre cultivateur, Pierre Chauvin(1829-1846) qui transmit le flambeau à un de ses amis tisserands, Pierre Gauquelin (1846-1848), tous étant bien entendu nommés par le préfet de l'Orne.

A la suite de la planification religieuse instaurée par Bonaparte, ces 5 maires d'Aubusson assumèrent les conséquences du rétablissement du culte catholique dans leur commune. Un desservant fut en effet nommé en 1802 à la cure d'Aubusson à charge pour la municipalité de réparer l'église, abandonnée pendant 8 ans, et de fournir au prêtre un logement décent. L'église Saint-Céneri d'Aubusson, en appareil de grès et de granit, avait été édifiée un bon siècle auparavant. Deux statues en bois peint représentant Saint-Céneri et Saint-Denis-elles ont été inscrites en 1972 à un registre départemental des Antiquités et Objets d'art alors que l'église figure dans l'Inventaire départemental des églises "dignes d'intérêt"-sont aussi du XVIIème siècle.

Pendant toute la première moitié du XIXème siècle, l'église fut donc l'objet de l'attention des municipalités successives. Celle de Pierre Vardon reconstitua l'ameublement et fit l'acquisition d'ornements, celle de Pierre Chauvin contraignit, au début des années 1830, le conseil de fabrique, qui avait entrepris en 1827 des travaux malvenus, à financer pratiquement la reconstruction de l'édifice. Après bien des avatars, le maire dut cependant prendre la direction des opérations de réhabilitation de l'église en 1838, faisant appel aux paroissiens en guise de main-d'oeuvre.

Sur les conseils et plans de l'ingénieur Voyer de Domfront, la nef fut consolidée et 2 chapelles latérales furent rajoutées donnant ainsi à l'édifice la forme d'une croix latine. La fabrique ayant épuisé ses fonds, une subvention de l'Etat, une participation de la commune, des dons des fidèles permirent, en 1842, avec le pavage du choeur, de la nef et des chapelles, et la rénovation du maître-autel, l'achèvement des travaux. Une seconde cloche-la première datant de 1818-fut enfin installée dans le petit clocher situé au-dessus du porche, sous la municipalité Gauquelin, soit en 1847.

Quant au logement du desservant, la commune dut, dans un premier temps, le louer car le presbytère avait été mis en vente en 1796 comme bien national. Mais, en 1822, la commune le racheta à son propriétaire d'alors, le maire Pierre Duhazé avançant sur ses fonds propres la somme nécessaire à charge pour la communauté aubussonnaise de le rembourser en 8 annuités. Le bâtiment n'était cependant pas en bon état et, dès 1824, d'urgentes réparations furent engagées, financées à la fois par la commune et par les paroissiens. En 1835, après une tempête ayant détruit une partie de la toîture, la municipalité Chauvin fit couvrir le presbytère en ardoises, ce matériau étant jugé plus durable et moins dangereux que la paille jusque-là utilisée. Pendant quelques années, le desservant d'Aubusson logea donc dans la plus belle maison de la commune.

Autre réalisation municipale importante faite sous la Monarchie de Juillet, la première école fut construite dans le bourg d'Aubusson, entre le presbytère et la voie conduisant au Pont de Vère, de 1836 à 1839. Prévue pour accueillir 56 élèves des 2 sexes, loger l'instituteur et abriter la mairie, elle fut mise en péril par de violentes tempêtes dès janvier 1840 et mars 1842. Alors que la classe ne possédait ni poêle pour chauffer en hiver, ni lieux d'aisance-ils ne fut pallié à ces lacunes qu'en 1845-le bâtiment fut, comme le presbytère voisin, endommagé par la fureur des vents. Cette école fut par ailleurs vite saturée, une centaine d'enfants d'Aubusson et des environs immédiats étant en effet d'âge scolaire. Dès 1843, fut en conséquence prise la décision de scolariser les garçons le matin et les filles l'après-midi.

Dans un autre domaine, Bonaparte avait décrété le recours aux corvées pour doter le pays de voies de communication permettant d'assurer les déplacements des hommes et des marchandises et d'éviter ainsi, comme au temps de la chouannerie, les possibilités de guérilla. Durant les années 1800 et 1810, les Aubussonnais furent donc contraints de participer à l'ouverture de la route Tinchebray-Condé-sur-Noireau qui ne leur était d'aucune utilité, d'où des récriminations de leur part. Lors de la suppression du canton de La Carneille, en 1801, Aubusson avait été de fait bizarrement rattachée au canton de Tinchebray alors que Flers et ses autres voisines, Ronfeugerai mise à part, dépendaient de Saint-Gervais-de-Messei. Cela expliquait donc l'obligation de concourir au désenclavement de Tinchebray, chef-lieu où les Aubussonnais devaient se rendre pour les affaires relevant de la justice de paix et l'enregistrement.

Les édiles d'Aubusson réclamèrent avec insistance pendant un quart de siècle, d'abord leur rattachement au canton d'Athis puis leur insertion dans un nouveau canton de Flers. Satisfaction leur fut donnée en 1826 lorsque Flers, La Lande-Patry, Saint-Georges-des-Groseillers, La Selle-la-Forge, La Chapelle-au-Moine, La Chapelle-Biche (canton de Messei), Landigou, Montilly-sur-Noireau (canton d'Athis), La Bazoque, Caligny, Cerisy-Belle-Etoile, Landisacq et donc Aubusson furent unies au sein d'un nouveau canton. Jusqu'au milieu des années 1820, les édiles d'Aubusson demandèrent donc à ce que leurs prestations aillent prioritairement à la voie Flers-Athis. Puis la route royale n°162 étant construite entre Condé-sur-Noireau et Flers, ils firent du chemin vicinal n°2, joignant le bourg d'Aubusson au Pont de Vère, l'axe vital de la commune. Mais chaque année, faute d'un véritable encaissement, il fallut réparer encore ce chemin dont le tracé fut en partie modifié, en 1847, pour passer par le Hamel du Bois.

Une progressive insertion à l'espace régional au cours du troisième quart du XIXème siècle

De la fin des années 1840 au milieu des années 1870, la population aubussonnaise continua d'excéder le demi-millier d'habitants. Pourtant, les naissances devinrent inférieures en nombre aux décès à partir des années 1860. Du fait de la disette du coton qui résulta, de 1862 à 1865, de la guerre de Sécession aux Etats-Unis d'Amérique, l'exode vers le pôle urbain flérien fut toutefois, au même moment, freiné et le solde apparent des entrées-sorties fut donc moins négatif que lors des années 1830 et 1840. La "fièvre constructrice", commencée sous la Monarchie de Juillet, se poursuivit en conséquence à Aubusson sous le Second Empire et de belles maisons aux encadrements en granit et au remplissage des murs en cornéennes furent dressées cà et là sur le sol aubussonnais.

Durant cette période où la fabrique dispersée connut un second essor lors d'une décennie de prospérité retrouvée(1852-1861) et où l'activité agricole, toujours fondée sur une céréaliculture dominante, améliora ses productions, 3 marchands-fabricants furent appelés, par les édiles (en 1848, 1870 et 1871) ou par le préfet, à la tête de la commune: Louis Vardon, de 1848 à 1858, Jean Lecornu, de 1858 à 1870, Victor Gauquelin, en 1871. L'action du premier d'entre eux fut contrariée par les nombreuses dissensions qui opposèrent le desservant à plusieurs instituteurs. Sa municipalité fut surtout confrontée au très mauvais état de l'école et dut entreprendre, en 1852, des travaux d'urgence. Sept années plus tard, l'école, devenue dangereuse, dut être abandonnée et l'administration de l'Inspection académique retira même l'instituteur en 1860.

Jean Lecornu prit donc l'initiative, tout en louant un local provisoire pour que les cours soient à nouveau assurés à Aubusson, de faire construire une nouvelle école. A l'image de Pierre Duhazé en 1822, le dixième maire d'Aubusson avança sur ses deniers la conséquence somme nécessaire à la construction, avec comme matériaux le granite et les tuiles, d'une solide école. La commune mit 2 décennies pour rembourser la dette auprès du maire, puis de sa veuve et enfin d'une nièce.

En 1867, Aubusson pouvait s'enorgueillir-et être enviée par nombre de communes proches-de disposer d'une belle école comprenant une classe pour les garçons, une classe pour les filles, un logement de fonction et la mairie. Un couple d'instituteurs fut donc nommé à la rentrée de 1867, mais en 1872, la municipalité Gauquelin exigea une institutrice congréganiste pour les filles. Il fallut alors partager le logement de fonction et construire un second escalier partant de la classe des filles pour permettre à la religieuse de la communauté de Briouze d'accéder au petit appartement qui lui était ainsi attribué. Cette situation, qui dura jusqu'en 1902, engendra des problèmes de cohabitation entre la religieuse et quelques-uns des nombreux instituteurs laïcs qui se succédèrent à l'école des garçons.

samedi 4 avril 2009

Vers 1850, 130 chefs de famille aubussonnais exerçaient l'activité de tisserand à domicile et possédaient pour la plupart un courtil ou quelques parcelles permettant une agriculture d'autosubsistance dans le cadre, avec leurs voisins laboureurs, d'une alliance du métier à tisser et de la charrue. N'étant pas astreint à la tyrannie de l'horloge, le tisserand aidait le cultivateur lors des gros travaux annuels et, en contrepartie, le laboureur prêtait ses animaux de trait et ses instruments aratoires pour travailler le petit lopin de l'ouvrier de la fabrique dispersée.

Quelques marchands-fabricants (certains furent portés à la tête de la commune) demeuraient aussi sur le sol d'Aubusson, fournissant le fil-notamment de coton importé dans le Bocage à partir des années 1820 et produit par les filatures installées sur le Noireau et sur la Vère-à leurs voisins tisserands et assurant la commercialisation des coutils et autre QS pièces tissées. Pierre Vardon, cinquième maire de la commune (1813-1815), fut l'un de ces innovateurs ingénieux qui développèrent la fabrique dispersée de Flers. Cet habile fabricant aubussonnais tissa vers 1800 des coutils imitant la feuille de fougère. Mais après le cambriolage de son cellier, le procédé, qui lui avait beaucoup rapporté, se diffusa à l'ensemble de la fabrique.
Un "monde plein"lors de la première moitié du XIXème siècle grâce à l'artisanat textile à domicile

Aubusson connut cependant une forte expansion démographique lors de la phase révolutionnaire passant de 350 habitants en 1790 à plus de 410 en 1800, cela grâce à un fort croît naturel. Malgré l'amorce d'un exode rural à compter du milieu des années 1830-au profit d'un pôle flérien en forte émergence-la croissance se poursuivit à un rythme soutenu pendant un bon quart de siècle, l'effectif aubussonnais dépassant les 500 habitants à la fin des années 1820, les 600 vers 1835, cette apogée se prolongeant jusqu'au début des années 1840. La densité excédait alors les 150 habitants au km². Aubusson était alors"un monde plein".

Le contrôleur des contributions directes chargé de diriger les opérations de l'établissement du cadastre "napoléonien" en 1830 et le maire Pierre Chauvin expliquèrent remarquablement pourquoi la pauvre commune d'Aubusson ne pouvait supporter une telle population:

"En déduisant les prés et les bois, le sol qui reste en plants fruitiers et en labours ne suffirait pas à l'entretien de la population, du moins pendant une partie de l'année(...). Les fermiers sont pris souvent dans la classe des prolétaires qui se trouvent dans la nécessité de se loger à n'importe quel prix. L'occupation continuelle d'une partie considérable des habitants est celle de la fabrication des toiles dites coutils pour le compte des négociants de Flers, et ils trouvent dans ce travail la ressource que l'étendue et la qualité du sol d'Aubusson ne pourraient leur donner".
A l'image de Charles Callais, Aubusson fit preuve au cours de cette décennie révolutionnaire d'une grande prudence, se démarquant ainsi à la fois des communes suspectes de menées contre-révolutionnaires-les chouans y furent souvent fort actifs-Flers, La Lande-Patry, Saint-Georges-des-Groseillers et La Selle-la-Forge, et des communes patriotes de La Carneille, Durcet, Landigou, Ronfeugerai, Sainte-Opportune et Les Tourailles. Cette attitude valut à Aubusson de bénéficier de la bienveillance de l'administration départementale. Ainsi en 1791 cette dernière proposa-t-elle de réunir Saint-Georges-des-Groseillers à Aubusson, ainsi en 1796, alors qu'elle ne disposait que de 8 instituteurs pour les 11 communes du canton, laissa-t-elle en poste à Aubusson Jean Jouenne, maître d'école en ce lieu depuis 1780, et priva-t-elle d'enseignant les frondeuses La Lande-Patry, Saint-Georges-des-Groseillers et La Selle-la-Forge pourtant plus peuplées.


La première guerre civile de la chouannerie éclata alors. Les Blancs, conduits par Louis de Frotté et le taillandier de Saint-Jean-des-Bois Michelot Moulin, et les Bleus dont le leader dans la région était le Carneillais Charles Bertrand l'Hodiesnière, l'ancien conventionnel régicide. Aubusson n'échappa pas à ce cruel conflit puisqu'un de ses habitants, le maréchal-ferrant François Madeleine, fut fusillé, suite à l'engagement de son fils dans les bandes de chouans, par les Républicains en 1796.

Les volontaires pour exercer les fonctions municipales n'étaient pas, dans ce contexte, nombreux. Aussi la Convention thermidorienne supprima-t-elle les municipalités des communes de moins de 5000 habitants pour les remplacer par des municipalités de canton où siègeait, pour chacune des communes, un agent communal élu par les citoyens. Aubusson désigna le tisserand Charles Callais qui, après plusieurs semaines d'hésitation, accepta finalement, et il siégea à La Carneille-le chef-lieu de canton y ayant été transféré à la fin de 1793 en raison de l'esprit contre-révolutionnaire qui régnait à Flers-de 1796 à 1800.
Histoire d'Aubusson
De la seigneurie de Gasprée à la baronnie de Flers. Lors de l'apogée de la féodalité, le territoire d'Aubusson faisait partie, au sein du duché de Normandie, de la seigneurie de Gasprée dont le "château", à la limite de Saint-Georges-des-Groseillers et de Flers, se situait en bordure de la Vère et à proximité de son voisin flérien. Le moulin banal de ce fief de Gasprée, où les habitants de la seigneurie étaient tenus de faire moudre leurs grains, était localisé sur le cours du ruisseau d'Aubusson en un lieu qui s'appelle toujours le Moulin d'Aubusson. S'intégrant aux terroirs environnants, Aubusson, avec une église dédiée à Saint-Céneri, oublia donc, à l'époque où le duché de Normandie fut conquis par le roi de France Philippe-Auguste (1204), l'appellation en mesnil pour ne conserver que le nom Aubusson qui avait fixé le premier habitat de la paroisse. Vers 1300, Robert de Fonteines, chevalier et seigneur de Gasprée, fit rédiger un censier recensant les redevances qu'il percevait des tenanciers et paysans de son fief. Ce document permet de connaître les familles qui peuplaient alors la paroisse d'Aubusson(du Coudray, le Corps, Bâtard, Blanchard, Guermont, Sasnes, Maillard, Le Veel.....) et dont certaines, alors que se poursuivaient les défrichements, donnèrent naissance à des hameaux comme ceux de la Guermondière, la Laissanterie, la Maillardière ou la Villière. Cess Aubussonnais de la fin du XIIIème siècle devaient donc payer à leur seigneur des redevances en nature ou en argent, mais aussi effectuer des corvées sur la réserve du seigneur et, en cas de nécessité, réparer le moulin banal d'Aubusson. Le plus taxé d'entre eux, Jehan du Coudray, était astreint à faire les foins, couper les grains et les transporter à la grange seigneuriale, nettoyer les étables et épandre le fumier dans les champs du seigneur, fournir le bois de chauffe et d'outillage, voire le charroyer jusqu'à la résidence seigneuriale sise à La Chapelle-Biche, acheminer également la farine du moulin au four seigneurial....


L'expansion du peuplement aubussonnais constatée lors de ces beaux siècles (XIe-XIIIe) du Moyen Âge fut toutefois interrompue au XIVème siècle à la suite-alors que s'installait un climat froid et humide-d'une grave crise économique d'origine agricole, de la terrible et meurtrière peste noire qui atteignait la Normandie en juillet 1348, et des ravages liés à la guerre de Cent ans. Vers 1400, Aubusson ne comptait plus que de 16 feux (foyers); vers 1500, 18, soit moins d'une centaine d'habitants. De plus, durant ce siècle de léthargie démographique, la paroisse avait connu, comme la Normandie et plusieurs autres provinces du royaume, l'occupation anglaise. Celle-ci dura ainsi 3 décennies (années 1420, 1430 et 1440).La renaissance d'Aubusson se produisit au début du XVIème siècle où Guillaume de Grosparmy incorpora, en 1521, à la baronnie de Flers la Seigneurie de Gasprée et d'Aubusson. En un tiers de siècle, Aubusson gagna en effet une cinquantaine d'habitants, dépassant ainsi les 150 âmes. La grande majorité étaient des paysans mais il y avait parmi eux, outre le meunier du Moulin d'Aubusson, quelques artisans et notamment des charpentiers.Un destin lié, de la Renaissance à la Révolution, à la "terre de Flers"

Jusqu'à la Révolution, Aubusson fit donc partie de la baronnie de Flers qui comprenait également les paroisses de Flers, Saint-Georges-des-Groseillers, La Chapelle-Biche, La Chapelle-au-Moine, Saint-Clair-de-Halouze et l'importante forêt de Halouze où une grosse forge, mue par eau, produisait par jour plusieurs milliers de livres de fer- des Aubussonnais y travaillèrent-et procurait ainsi au seigneur de substantiels revenus. Aubusson eut donc pendant plus de 2 siècles et demi les mêmes barons-puis comtes à partir de 1598-que Flers: les Grosparmy, puis Pellevé et enfin La Motte-Ango. Ceux-ci avaient le droit de présentation au bénéfice-cure de Saint-Célerin (Céneri) d'Aubusson, la collation étant accordée au nouveau curé de la paroisse par l'évêque de Bayeux.
Sous l'Ancien Régime, la baronnie de Flers relevait en effet au religieux, du diocèse de Bayeux et du doyenné de Condé-sur-Noireau, et au civil, de la généralité de Caen et de l'élection de Vire. Proche de Sainte-Honorine-la-Chardonne et voisine d'Athis et Montilly-sur-Noireau, Aubusson compta cependant quelques protestants parmi ses habitants au XVIIème, mais ils furent contraints d'abjurer et renoncèrent à la "religion prétendue réformée".De quelque 150 habitants vers 1530, la vie était néanmoins rude et incertaine sous la monarchie absolue pour ces toiliers, laboureurs, journaliers et autres artisans d'Aubusson. Le 1er mars 1789, l'occasion leur fut donnée d'en faire état à travers la rédaction du cahier des plaintes et doléances des habitants d'Aubusson, paroisse, en vertu d'une très récente réforme, de l'arrondissement de Condé-sur-Noireau et du département de Vire. Sous la direction de leur première municipalité élue en septembre 1787 et installée en mai 1788, les chefs de famille d'Aubusson présentèrent 2 revendications majeures à l'attention du roi: la réduction des lourdes impositions royales et une voie Condé-sur-Noireau-Flers viabilisée mais passant en marge de leur territoire pour n'avoir qu'un pont à édifier sur la seule Vère.Pour justifier le premier point, les Aubussonnais évoquèrent la médiocrité de leur terroir-avec des espaces importants en bruyères, de longues jachères, le recours nécessaire aux engrais-la destruction des "mauvais bleds" (seigle, sarrasin) tant par les bêtes sauvages (sangliers, cervidés)-le bois de Flers est proche-que par les mans (vers blancs de hanneton), le chômage qui atteint souvent les nombreux tisserands et que le curé ne peut guère secourir en raison de la faiblesse du revenu de son bénéfice, et le fait que les meilleures parcelles soient possédées ou exploitées par des horsains qui n'acquittaient pas la taille dans la paroisse. Quant à l'axe Condé-sur-Noireau-Flers, vital pour la majeure partie du territoire d'Aubusson car il en constitue le seul débouché, ils réclamaient son aménagement avec un Pont de Vère praticable en hiver.Une commune modérée durant la décennie révolutionnaire.Ce 1er mars 1789, les Aubussonnais élirent aussi leurs 2 délégués chargés de se rendre, munis du cahier de doléances, à Vire le 5 mars suivant afin de participer à l'assemblée de l'élection de Vire devant réunir en un seul les cahiers de doléances et désigner les représentants de l'élection ayant mandat d'élire, à Caen, les 6 députés du Tiers Etat de la généralité. 2 des membres de la municipalité, Michel Cailly et Charles Callais, furent donc délégués. La Révolution était engagée et les premières mesures, notamment l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août, durent satisfaire les pauvres roturiers d'Aubusson.Les membres de l'Assemblée Constituante entreprirent bien vite une profonde réorganisation des structures administratives. La commune d'Aubusson se trouva ainsi intégrée au canton de Flers (sa première section comprenant, outre Aubusson et Flers, Saint-Georges-des-Groseillers, La Lande-Patry et La Selle-la-Forge), lui-même subdivision du district de Domfront, un des 6 districts du département de l'Orne. Pendant des siècles, la paroisse d'Aubusson avait été tournée vers Caen et Bayeux, désormais elle devait regarder vers Alençon et Séez.Au début de 1790, les citoyens "actifs" (électeurs) d'Aubusson procédèrent à l'élection de leur premier maire. Le laboureur Michel Cailly, de 1790 à 1792, le marchand Jean Blin, de 1792 à 1795, le laboureur Richard Gauquelin, en 1795, remplirent ainsi successivement cette fonction. Outre la mise en place de la nouvelle fiscalité et le maintien de la bonne police, le premier d'entre eux à gérer la délicate question religieuse. Curé d'Aubusson depuis 1782, maître Gilles Fouquet refusa en effet de prêter le serment pur et simple de fidélité à la Constitution civile du clergé. Privé de sa cure en 1791, il s'exila à Jersey où il mourut. Le deuxième, sous la République, eut à appliquer de difficiles mesures en raison du contexte de guerre: réquisitions de volontaires pour défendre la patrie en danger, de chevaux et d'équipements, perquisitions pour livrer les gains dissimulés...En raison de la déchristianisation qui obligea le curé constitutionnel Pierre Onfroy à cesser ses fonctions curiales en 1794, il dut aussi procéder à la fermeture du lieu de culte. Quant au troisième maire d'Aubusson, il dut poursuivre réquisitions et perquisitions et ce fut lui qui procéda à l'inventaire du mobilier et des ornements de la "ci-devant église" en 1795.
Aubusson

Aubusson est une commune française, située dans le département de l'Orne et la région Basse-Normandie.

Ses habitants sont appelés les Aubussonnais et les Aubussonnaises.

Géographie

Située au coeur du Bocage normand et touchant aux confins méridionaux de la Suisse normande. Aubusson est une commune de forme oblongue et grossièrement pentagonale qui s'étend modestement sur 3.90km². D'est en ouest, sa plus grande largeur, sur le parallèle de latitude 48° 46' 50''N, approche 1.6km, alors que la distance séparant les extrémités septentrionale et méridionale-celle-ci étant sur le méridien de longitude 0°32'32''W-ne dépasse guère les 3.6km.

Ces 2 extrémités constituent des points remarquables du territoire aubussonnais. Au nord, à la confluence du ruisseau de la Gosselinière et de la rivière Vère, il s'agit du point coté le plus bas relevé dans la commune (167m d'altitude). Là est aussi le point de jonction entre Aubusson, Montilly-sur-Noireau et Athis-de-l'Orne. Au sud, sur la route départementale 25 joignant Flers à Athis-de-l'Orne et au point de rencontre entre Aubusson, Flers et Saint-Georges-des-Groseillers, se trouve a contrario le point culminant de la commune (270m d'altitude).

Un relief accidenté

En quelques kilomètres seulement, la dénivellation est d'une centaine de mètres. Le relief d'Aubusson est donc accidenté, mouvementé. Une forte proportion du territoire (environ 20%) présente en effet des pentes supérieures à 10% et de la déclivité atteint même 30% au nord. Ainsi passe-t-on de 173m au Pont de Vère-lieu où le ruisseau d'Aubusson qui marque la limite entre Aubusson et Saint-Georges-des-Groseillers se jette dans la Vère-à 248m au centre-bourg d'Aubusson, soit un dénivellement de 75m alors que la distance à vol d'oiseau n'est que de 1 100m.

Une légère planéité existe toutefois dans la partie sommitale de la commune, suivant une ligne de crête de direction nord-sud qui offre une magnifique vue sur le bocage d'où se détachent d'autres éminences comme le proche mont de Cerisy ou le plus lointain mont Pinçon, point culminant du Calvados. La topographie aubussonnaise trouve son explication dans l'histoire géologique de la région. La totalité du sous-sol d'Aubusson est constitué de cornéennes, roches massives et très dures, mais sa bordure orientale, où coule le ruisseau de la Gosselinière, est au contact du massif granitique d'Athis.

En termes géologiques, le territoire d'Aubusson est donc inscrit dans l'auréole de métamorphisme du granit d'Athis. La dureté des cornéennes explique ainsi la situation haute de la commune et ses fortes pentes. En effet, plus on s'éloigne vers l'ouest du granite, moins les schistes ont été affectés par celui-ci, moins ils sont durs, et les rochers les plus tendres se sont donc érodés plus rapidement.

Des sols peu épais

D'une manière générale, les sols sur cornéennes sont très pierreux et peu épais. A Aubusson, sur le plateau et les fortes pentes, ils ne dépassent pas les 30cm. Cette faible profondeur, la texture, la nature de la roche sous-jacente et la pente sont de plus à l'origine d'une circulation rapide et latérale de l'eau. Le lessivage est donc intense et les sols d'Aubusson sont très sensibles à l'érosion et à la sécheresse.

Mais la pluviométrie est assez abondante et bien répartie sur toute l'année alors que les températures sont faibles en hiver, d'où de nombreux jours de gelées, et restent fraîches au printemps. Le climat aubussonais est donc un climat océanique teinté, en raison de l'altitude, de sévérité, et la longueur de l'hiver y est peu propice à une reprise rapide de la végétation. La vocation des sols d'Aubusson est la forêt et la prairie, et la formation végétale de ce territoire fut longtemps climacique.