vendredi 21 août 2009

Exploitation de la source

En 1877, Monsieur Laur, propriétaire de la source, décide de commercialiser son eau. La Compagnie fermière de Vichy décide alors d'en faire l'acquisition. Elle fait réaliser plusieurs captages pour en améliorer le débit mais sans aucun succès. Elle revend alors la source à 2 médecins parisiens, messieurs Thomas et Collardeau, qui la cèdent rapidement à un de leurs confrères de Caen, le docteur Mullois. Une dernière tentative est faite au début de 1914 par une société anglaise avec la production de 2000 bouteilles à destination de la capitale. Mais la déclaration de la guerre met fin au projet de création d'un établissement thermal de standing. Aujourd'hui enfermée dans une grotte artificielle, la source déverse au ruisseau son eau ferrugineuse.

Château de Brucourt, chapelle Saint-Hermès et moulin à eau

Si l'on croit Arcisse de Caumont, célèbre antiquaire normand, au lieu-dit le Château, sur le bord des marais, sur la rive de l'Ancre, existait un splendide château du XVIIe siècle sur l'emplacment probable du castel féodal des premiers seigneurs de Brucourt. Le château avait dans son entourage une chapelle dont l'évêque avait le patronage. Cette chapelle dédiée à Saint Hermès datait de 1632, date probable de la dernière reconstruction du château et de la chapelle. Un peu plus bas sur le cours de l'Ancre, un lieu-dit du Moulin laisse supposer l'existence à cet endroit, au bord de la rivière, d'un moulin à eau. Aujourd'hui tous ces emplacements sont occupés par des exploitations agricoles et des bâtiments d'habitation pour Brucourtois ou Horsains.

Personnalités liées à la commune







Général Rapp





.Robert de Brucourt, évêque d'Evreux en 1340.
.Philippe de Brucourt, évêque d'Evreux en 1368.
Eléazar de Sarcilly, sieur de Chandeville, né à Brucourt le 24 mars 1611, mort à Paris en 1633, auteur de poésies érotiques recueillies par Georges de Scudéry.
.Jacques, Etienne Turgot (1670-1722), marquis de Sousmont, seigneur de Brucourt, conseiller du roi, maître des requêtes, intendant de Metz, grand-père de Turgot.
.Michel-Etienne Turgot (1690-1751), marquis de Sousmont, seigneur de Brucourt, conseiller au Parlement de Paris, pévôt des marchands, conseiller d'Etat, membre de l'académie des Instituts, père de Turgot
.Michel Jacques Turgot (1719-1773), marquis de Sousmont, maître des requêtes, président à mortier, frère aîné de Turgot
.Etienne-François Turgot (1721-1789), dernier seigneur de Brucourt, chevalier de Malte, gouverneur de Guyane, frère de Turgot.
.Anne Robert Jacques Turgot (1727-1781), baron de l'Aulne, dit abbé de Brucourt, homme politique et économiste français, ministre de Louis XVI.
.Comte Jean Rapp (1772-1821), général d'Empire, aide de camp de Napoléon Bonaparte, venait souvent en villégiature.

Lieux et monuments

Eglise Saint-Vigor, presbytère et cimetière




L'église paroissiale





L'église de Brucourt est consacrée à Vigor de Bayeux. Sa construction, à mi-hauteur de la colline Saint-Laurent sur son versant sud, date de deux époques. A l'ouest, la partie primitive date du XIIIe siècle, elle est prolongée vers l'est d'une construction du XVIIIe siècle, surmontée d'un clocher de plan polygonal coiffé d'un dôme et terminé d'une lanterne. L'agrandissement de l'édifice a renversé l'affectation des espaces, l'entrée primitive de l'église se faisait par l'ouest, l'entrée actuelle se fait par le pignon est de la dernière construction. La partie la plus récente est occupée par la nef actuelle, la partie la plus ancienne est aujourd'hui consacrée au choeur. Il est possible encore de voir derrière l'autel les restes du portail d'entrée de style gothique et deux fenêtres, l'une de style gothique, l'autre typiquement médiévale, et sur le bas-côté sud une entrée de style roman, aujourd'hui murée. De l'intérieur, la voûte du choeur est de plâtre avec de fortes poutres équarries très grossièrement et la nef est couverte d'une voûte en larmes de bois.

Le clocher abrite 2 cloches fondues en 1788. La plus importante porte l'inscription suivante: "L'AN 1788 J'AI ETE BENITE PAR Mr JACQUES BINET CURE DE CE LIEU ET NOMME MARGUERITE PAR TRES HAUT ET PUISSANT Ser MESSIRE ETIENNE FRANCOIS TURGOT CHer MARQUES HAUT JUSTICIER DE SOUMONT SEIeur PATRON DE BRUCOURT PERIERS ET AUTRES LIEUX ET PUISSANTE DAME MARGUERITE CARON MARQUISE DE TURGOT SON EPOUSE".





Tombes des soldats anglais dans le cimetière paroissial




L'autel et le tabernacle avec ses 2 anges adorateurs ainsi que le lutrin, mobilier classé du XVIIIe siècle, proviennent de l'ancienne église de Rupierre de Saint-Pierre-du-Jonquet, proche de Troarn, dispersés lors de sa désaffectation dans l'ntre-deux guerres. Le confessionnal, lui aussi du XVIIIe siècle, provient d'une église bombardée dans le nord de la France pendant la Première Guerre mondiale. Les objets du culte, en argent, comportent tous les armes du comte Jean Rapp, général d'Empire, qui en fit don en 1807 à l'église du village où il venait fréquemment en villégiature. Les fonts baptismaux pédiculés sont en pierre brute et datent du XVe ou XVIe siècle.

Un tableau représentent "le Christ et la Samaritaine" est dû au pinceau de Giovan Francesco Barbieri Guercino dit Le Guerchin, peintre italien du XVIIe siècle. Dans l'église, il est aussi possible de voir une statue en pierre du XVe siècle représentent Sainte Geneviève et 2 statues de terre cuite, l'une que l'on suppose représenter Saint Vigor et une Vierge à l'enfant, toutes 2 du XIXe. Toutes ces oeuvres d'art sont classées au patrimoine français.

Au bas du chemin de l'église, l'ancien presbytère, bâtiment de brique, a été transformé en habitation depuis qu'il n'y a plus de curé à Brucourt et que les messes dominicales ont lieu à la chapelle du monastère. Brucourt est aujourd'hui inclus dans la paroisse Sainte-Trinité-des-Monts sous la direction du curé de Dozulé.

L'église est entourée du cimetière paroissial qui abrite les tombes de 6 militaires anglais tués le 6 juin 1944 dans la chute de leur avion sur la route de Dozulé et de 2 soeurs de l'Annonciade, dont le monastère surplombe l'église.

Manoir Saint-Laurent et monastère de l'Annonciade





Monastère de l'Annonciade




Le monastère de l'Annonciade est situé sur la colline Saint-Laurent. Il occupe un bâtiment construit, entre 1912 et 1920, par un couple de riches collectionneurs, héritier d'une famille industriel du Nord, Louis Serbat (1875-1953), et sa femme née Madeleine de Vaufreland. Après la mort de son mari, Madeleine Serbat lègue ses biens à diverses organisations, bibliothèques et musées. La maison familiale de Saint-Saulve, dans le nord, est à l'origine de la fondation Louis Serbat, une maison de retraite médicalisée, léguée en 1957 au Centre hospitalier de Valenciennes. Le château de Laàs et ses collections légués en 1964 au Touring Club de France avant d'être repris par le département des Pyrénées-Atlantiques en 1980. Mais c'est en 1951, alors que le couple se retire au château de Laàs, qu'il lègue le manoir Saint-Laurent aux Bénédictins pour qu'ils puissent y assurer une présence et un accueil apostolique. Mais comme ceux-ci ne sont présents sur la colline Saint-Laurent que pendant les mois d'été, le manoir est proposé à l'ordre de la Vierge Marie. C'est donc en 1975 que 6 soeurs de l'Annonciade viennent de leur maison-mère de Thiais pour fonder ce monastère. En 1999, une aile est construite pour abriter une chapelle permettant aux 8 moniales qui composent maintenant la communauté de pratiquer la liturgie des Heures dans de meilleures conditions. Ces moniales sont les héritières des "chères filles" de Sainte Jeanne, fille de Louis XI de France qui créa l'ordre de la Vierge Marie dit aussi ordre de l'Annonciade à Bourges en 1500.

Source de l'Etoile ou fontaine de Dives

Description de la source





La source de l'Etoile




L'eau est abondamment présente sur la commune de Brucourt du fait de la présence des marais de la Dives et l'Ancre mais les sources sont rares. En 1917, le Conseil général du Calvados décide du recensement des sources minérales du département. La commission présidée par un certain Monsieur de Longuemare en dénombre 16 dans le département dont celle de Brucourt qui était jugée "peu abondante ne débitant que 7600/ jour". Cette source est déjà connue en 1637 d'un nommé Musnar qui la déclare "possédant des bienfaits thérapeutiques".

Des analyses de la composition de cette eau sont réalisées en 1778 par Lepecq de la Clôture, médecin caennais connu pour ses travaux sur les maladies épidémiques, en 1860 par Henry Ossian, membre de l'académie de médecine, en 1884 par Gloez de l'académie des sciences. Alexandre Gustave Hérault (1780-1848), polytechnicien et inspecteur général des mines, rédige en 1844 une note sur " la source de Brucourt, appelée aussi fontaine de Dives, qui sort des argiles oxfordiennes et contient de l'acide carbonique (2.272g), des sulfates de chaux (2.415g) et de sulfate de magnésie (4.915g), des chlorures de sodium (2g) et de magnésium (0.16g), des sous-carbonates de fer (0.68g), de chaux (2.924g), de carbone de magnésie (0.48g) et de la silice (0.08g) (quantité pour 8kg d'eau)".







Publicité pour l'eau de Brucourt de 1894








La plaque apposée sur la source indique l'approbation de l'académie de médecine le 12 mai 1885 et l'autorisation (d'exploitation) de l'etat du 12 juin 1885.

Monsieur Deleau (créateur du Sirop Deleau contre la toux), ancien chef de laboratoire à l'école de médecine de Caen et pharmacien à Dives-sur-Mer déclare en 1917 que "les examens réalisés permettent d'affirmer que l'eau de Brucourt est éminemment reconstituante et tonique. Pour un usage prolongé, on a jamais à craindre d'affections congestives. Sont emploi se justifie chaque fois que l'organisme a besoin de fer. [...] En résumé, les sources ferrugineuses existent un peu partout, mais le fer et la magnésie n'ont jamais encore été jusqu'ici rencontrés que dans l'eau de Brucourt seulement. Aussi cette eau est-elle appelée à combattre l'anémie, le choléra, le lymphatisme et toutes les affections qui en découlent.

La réputation de l'eau de Brucourt est telle qu'il faut construire 2 maisons d'une centaine tenue pour héberger une clientèle nantie. On compte plusieurs membres de la famille royale parmi ces habitués comme Louis XVIII et Charles X. La souveraine d'Espagne Isabelle II vient régulièrement en cure à Brucourt entre 1850 et 1880 accompagnée de sa mère et de sa soeur.

Faune





Libellule Anax empereur





"Les invertébrés aquatiques [...] dont les effectifs sont considérables: de 5000 à 10000 individus par mètre carré [....] constituent le maillon majeur de la chaîne biologique et alimentaire entre les formes végétales, dont la plupart se nourissent, et les vertébrés que sont les poissons dont ils constituent l'essentiel de l'alimentation." Après la disparition des écrevisses, les crustacés sont uniquement représentés par les gammares, confondus à tort avec les crevettes d'eau douce.

Parmi les insectes aquatiques des eaux courantes, les plécoptères et aussi des Perlidae et des Perlodidae, très exigeantes en qualité de l'eau. Plus tolérantes, on trouve des Leuctridae et Nemouridae. Les trichoptères montrent une forte qualité d'adaptation en se protégeant des prédateurs dans des fourreaux de graviers ou de végétaux comme les Glossosomatidae, les Goeridae, les Odontoceridae et les Brachycentridae. La faune nymphique est représenté par les Limnephilidae et des éphéméroptères à double métamorphose comme l'Ephemera. La famille des Heptageniidae avec un rhéotropisme marqué qui pousse les Ecdyomurus, Heptagenia, Rhithrogena et Epeorusa remonter les cours d'eau pour pondre en amont, évitant ainsi le dépeuplement.





Un cyprinidé rhéophile Goujon témoin de la qualité des eaux


Les insectes aquatiques des eaux calmes sont essentiellement des eurycèces.Parmi les coléoptères l'hydrophile brun, l'Helochares lividus et l'Hydrobius fuscipes, des dytiques comme l'Agabus bipustulatus, le Laccophilus minutus, l'Hyphydrus ovatus, l'Hygrotus inaequalis et le dystiscus marginalis. Les corises ou punaise aquatique représentées par la nèpe cendrée ou scorpion d'eau et la ranatre peuvent être abondantes. La famille des notonectidae sont représentés par le notonecte glauque. Les libellules sont présentent avec l'Agrion porte-coupe, l'anax empereur, le Sympétrum strié et le Smpétrum rouge sang.

La faune piscicole est représentée par les poissons migrateurs amphibiotiques déjà nommés à la liste des ZNIEFF comme les anguilles, les lamproies, et les salmonidés, saumons et truites de mer ou encore grégaires comme la truite fario. Parmi les espèces d'accompagnement comme la Chabot commun déjà cité, il faut noter la Loche franche sur les fonds colmatés et les vairons sur les mouilles. Pour les eaux courantes, on trouve des cyprinidésrhéophiles comme les goujons, les chevaines et les vandoises.

jeudi 20 août 2009

Flore

Le bocage est un biotope particulièrement propice à la faune: les carnivores sont représentés par la familles des canidés avec le renard pour seul représentant et les mustélidés avec le blaireau, la martre des pins, la fouine, la belette et l'hermine.




Un hôte du bocage normand, le Renard roux





En hiver, dans le bocage, l'espèce d'oiseaux la plus répandue est représentée par le pinson des arbres, vient ensuite le merle noir, la corneille noire, la mésange charbonnière, la pie bavarde, l'accenteur mouchet, la grive musicienne, l'alouette des champs et la mésange à longue queue. Au printemps, les premiers migrateurs arrivent avec l'hirondelle de cheminée, le coucou gris, la fauvette des jardins et à tête noire, le pouillot véloce, le chardonneret élégant, la linotte mélodieuse, le martinet noir et la tourterelle des bois. Enfin, à l'automne, c'est le tour du rouge-gorge et de la grive musicienne, draine, mauvis ou litorne.

L'entomofaune du bocage augeron est représentée, entre autres, par des lépidoptères comme les papillonstircis, amaryllis, myrtille et tristan, des orthoptères tel le criquet des pâtures, des coléoptères comme le crache-sang, le lucane, le meloe et le lampyre.

Il existe une entomofaune spécifique de l'agrosystème des milieux prairiaux pâturés qui est liée au substratet aux fèces déposées comme les coporophages avec le bousier et les onthophages avec le scarabée, tandis que les histéridés et les staphylins chassent les larves de mouches scatophagidés.

Marais

La Basse-Normandie est riche de zones humides, qu'elles soient littorales, comme la baie des Veys ou du Mont-Saint-Michel, ou terrestres, comme les marais arrière-littoraux ou de fonds de vallées alluviales mais tourbières et prairies humides. Pendant le XXe siècle, ces zones humides ont perdues 65% de leurs superficies.

Biotope marécageux






Marais "blanchis" en Basse-Normandie




Les marais de la Dives ont une superficie totale de 12 500 hectares dont environ 400 sur la commune de Brucourt. Ces marais occupent une vaste étendue pratiquement au niveau de la mer entre la haute vallée de la Dives et un cordon sableux qui ferme l'espace entre l'estuaire de l'Orne et celui de la Dives.

D'abord marais de Corbon, la basse vallée de la Dives, est une vaste étendue où seules quelques "îles", comme le Robe homme, ainsi que des "chaussées", comme celle de Varaville, émergent au-dessus d'une surface aquatique vouée aux canards. Ces marais, inadaptés aux bois ou aux labours, sont utilisés par leurs grands propriétaires, seigneurs ou monastères, pour la chasse et la pêche. A partir du XIXe siècle, des syndicats intercommunaux de drainage entreprennent son assainissement. C'est alors la transformation en grandes parcelles sans haie, limitées par des rangs de saules et des fossés de drainage, destinées dans les fonds sains de trèfle blanc à l'élevage malgré une submersion hivernale de la Dives.

C'est la durée d'inondation qui est le facteur déterminant de la composition floristique. Les marais de la Dives sont composés entre canaux de drainage, de prairies mésohygrophiles reposant sur des alluvions modernes argilo-calcaires drainées naturellement. Les marais "blanchissent", ce qui signifie qu'ils sont inodés, en fin d'hiver ou au début du printemps, mais pas nécessairement chaque année, du fait de l'éloignement relatif de la nappe phréatique.

Biocénose marécageuse

Flore

La flore de ces prairies, à riche floraison pré-estivale, doit pouvoir supporter un assèchement estival.

Lorsqu'il s'agit de prairies de fauche, la végétation est de haute taille avec l'avoine élevée, la fléole des prés et l'orge faux-seigle accompagnée de plante à floraison très colorée comme le lychnis fleur de coucou, ou le rhinanthe velu et de grands ombellifères comme le silaum des près ou, plus rarement, le peucédan à feuilles de carvi. Sous cette végétation dense pousse une flore basse comme l'orchis négligé et le colchique d'automne.




Fleurs d'orchis négligé






Si ce sont des prairies pâturée, la précédente flore est modifiée par l'apparition de plantes à rosettes, prostrées ou à systèmes racinaires rhizomateux résistant mieux au piétinement et à l'abroutissement. On trouve alors la laîche distique, la laîche à épis pendant et la pulicaire dysentérique. L'intensification du pacage provoque une sélection des végétaux, les renoncules âcres et les joncs peu appétissants prolifèrent alors rapidement. La dégradation de ce phytocénose voit l'apparition du grand plantain à large feuille, de la renoncule rampante, de l'ortie dioïque et de l'oseille crépue.

Sur les berges des canaux, on trouve le rubanier d'eau, l'iris faux-acore, le jonc fleuri, les laîches, le lycope d'Europe, le scirpe des marais, le plaintain d'eau, la menthe aquatique et le myosotis des marais. S'ils n'ont été plantés par l'homme pour exploiter leurs branches sous la forme d'arbre têtard, les saules, saule marsault et cendré, ont fini par coloniser certaines berges ainsi que, par manque d'entretien des canaux, des orties, le sureau noir et le frêne.

Du fait de sa croissance rapide et de son appétence pour les terrains humides voire temporairement inondés, la présence du peuplier se développe et certaines parcelles des marais sont maintenant transformées en peupleraies.

Faune





Le ragondin colonise la niche écologique du campagnol amphibie




Les marais permettent la présence d'une faune typique à dominante aquatique. Les mammifères normands qui se caractérisent par des habitudes aquatiques sont représentés par le putois d'Europe qui n'est d'ailleurs pas totalement liés aux milieux humides. Il ne fait pas plus partie des animaux nuisibles depuis mai 2002. Il est prédateur de rongeurs comme le rat musqué, le rat surmulot et la campagnol mais aussi des amphibiens comme la grenouille et le crapaud.

Introduit en France en 1916, le vison d'Amérique, pénètre en Normandie depuis la Bretagne et supplante rapidement le vison d'Europe. Sa proie favorite, le campagnol amphibie, pourtant en diminution du fait de la concurrence dans sa niche du ragondin, ne freine pas son expansion. Il transforme son régime alimentaire en s'attaquant aux nids d'oiseaux proches du sol.

L'avifaune des marais subit "l'excessive pression de la chasse un peu partout, particulièrement dans les marais de la Dives [...]Malgré tout, il existe encore des sites magnifiques, riches en oiseaux, particulièrement en période de reproduction, quand la chasse de nuit ne limite pas les stationnements [des oiseaux]".

Dans les parcelles pâturées, l'avifaune nicheuse est représentée par le vanneau huppé et l'alouette des champs. Le courlis cendré, le pipit farlouse et la bergeronnette flavéole se retrouvent aussi bien sur les prairies pâturées comme sur celles de fauche. Le tarier des près, le bruant des roseaux et le phragmite des joncs ont une préférence pour parcelles fauchées.





Un grand cormoran, emblême des ornithologues normands










Au printemps, les marais, encore blancs, reçoivent limicoles et canards de retour d'Afrique. Les canards pilets ou souchets et la sarcelle d'été arrivent en février, le barge à queue noire, le combattant varié suivent en mars et le courlis corlieu ensuite. Les oiseaux d'eau plongeurs sont représentés par des piscicoles, comme le grèbe huppé, le grand cormoran (emblême des ornithologues normands), par des malacophages, avec le fuligule milouin et morillon, ou des herbivores comme le foulque macroule. Parmi les nicheurs, il faut citer, en plus du foulque et du grèbe, le canard colvert.

Dans les rares roselières, on trouve principalement le rousserolle effarvatte, la bouscarle de Cetti, la locustelle tachetée et luscinioïde, le bruant des roseaux, le butor étoilé, la marouette ponctuée et le busard des roseaux. En hiver, au crépuscule, on peut voir les busards en dortoir avec quelques faucons émerillons et butors étoilés. En migration, les roselières sont des haltes pour les passereaux, la fauvette aquatique et les hirondelles.

Pour les insectes, on trouve dans les formations herbacées hygophiles, des coléoptères comme des Aphtona coerulea, Altica lythri, Mononychus punctum-album, Cionus alauda et le carabe granuleux, la loricère, le staphylin des rives, mais aussi la grande sauterelle verte et le criquet palustre. Les lépidoptères sont représentés par la petite tortue, le paon du jour, le vulcain, l'écaille chinée, l'aurore, la piéride du navet, le myrtil et le cuivré commun ou fuligineux.

Biocénose fluviatile

Flore

Dans les rivières courantes, la Dives, l'Ancre mais aussi le Grand Canal ou la canal Oursin, c'est sur des fonds à substrat grossier que se développe une flore aquatique rare du fait des érosions des hautes eaux, de la sédimentation fine des basses eaux mais aussi des eaux saumâtres des remontées de marées.




Renouée amphibie





Les radiers et les plats, aux substrats plus stables, permettent de façon pérenne, l'implantation desmacrophytes. Sur les fonds éclairés, on trouve des touffes de callitriches, de myriophylles et de Zannichellia. Maintenant des espèces ubiquistes en provenance des plans d'eau se retrouvent aussi Elodea canadensis et Potamogeton crispus.

La flore des canaux drainant les marais, du fait d'une eau très faiblement courante, se rapproche de celle des mares. Colonisés par "des espèces aquatiques ou amphibies, immergées ou flottantes, libres, fixées ou enracinées à plus ou moins grande profondeur". Mais la pratique du surcreusement et du reprofilage des bergers tend à y banaliser la flore aquatique et amphibie.

En surface des canaux, l'eutrophisation croissante permet l'apparition de lentilles d'eau opportuniste, lentilles à trois lobes, lentille à plusieurs racines ou sans racine ou lentille enflée ou encore de Riccia fluitans. Entre deux eaux, les mors-de-grenouille, les faux-aloés (stratiote aloide) et les potamots ou les renouées amphibies et les renoncules aquatiques et, au fond, c'est les utriculaires, les cornifles immergés ou les rares myriophylles à fleurs alternes.

mercredi 19 août 2009

Flore

Une plante protégée au niveau national, trouvée en 1995, le Céleri rampant (Apium repens), n'a pas été confirmée depuis. Les canaux du marais abritent la Zannichellie des marais (Zannichellia palustris), le Pigamon jaune (Thalictrum flavum) et le Flûteau fausse-Renoncule(Baldellia ranunculoides).

Faune



Un oiseau des marais le Vanneau huppé





Les roselières et végétation herbacée haute abritent la nidification de la Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris), de la Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scipaceus), du Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaemus), de la Locustelle tachetée (Locustella naevia), de la Bouscarle de Cetti (Cettia cetti), du Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos), de la Bergeronnette printanière (Motacilla flava), du Gravelot (Charadrius dubius) et du Hibou moyen-duc (Asio otus). Mais aussi dans d'autres environnements, le Vanneau huppé (Vanellus vanellus), la Bergeronnette flavéole (Motacilla flava flavissima), la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) et la Sarcelle d'été (anas querquedula). Pour l'hivernage, on note la présence du Courlis cendré (Numenius arquata) et l'escale de la Barge à queue noire (Limosa limosa).

Parmi les odonates des espèces d'intérêt patrimonial tels l'Agrion gracieux (Coenagrion pulchellum), la Libellule fauve (Libellula fulva), l'Agrion orangé (Platycnemis acutipennis), l'Agrion à longs cercoïdes (Cercion lindenii), l'Agrion vert (Erythromma viridulum) et l'Anax napolitain (Anax parthenope).

La rivière l'Ancre abrite la présence de frayères à Truite de mer (Salmo trutta trutta) et à Lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis).

ZNIEFF II

La ZNIEFF II des "marais de la Dives" comporte plusieurs espèces rares non déjà recensées dans la ZNIEFF I des "marais de Brucourt et Goustranville".

Flore




Fleurs de Nivéole d'été





Pour la flore, en plus des espèces notées en ZNIEFF I, il a été trouvé une espèce protégée au niveau national, la Nivéole d'été (Leucojum aestivum) dont au moins 5000 pieds ont été découverts en 1996 dans une peupleraie du marais de Petiville. D'autres sont protégées au niveau régional comme le Cératophylle submergé (Cératophyllum submersum) et le Myriophylle verticillé (Myriophyllum verticillatum). La présence du Scirpe à une écaille (Eleocharis uniglumis) et du Vulpin bilbeux (Alopecurus bulbosus), signalés en 1982, n'ont pas été retrouvés récemment.

Faune

Pour la faune ornithologique, dans les marais de la Dives, principalement dans la réserve de Saint-Samsonmais aussi dans d'autres secteurs, on trouve des espèces hivernantes comme la Sarcelle d'hiver (Anas crecca), le Canard siffleur (Anas penelope), le Fuligule milouin (Aythya ferina), le Pluvier doré (Pluvialis apricaria), la Bécassine des marais (Gallinago gallinago), la Foulque macroule (Fulica atra) et depuis 1978, année où un couple s'est installé à Hotot-en-Auge, la Cigogne blanche (Ciconia ciconia) revient chaque année en nombre de couples croissants.





Une jeune truite fario





En période nuptiale, si l'abaissement de la nappe d'eau ne favorise pas la nidification, on trouve tout de même le Grèbe huppé (Podiceps cristatus) et Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), la Marouette ponctuée (Porzana porzana). Les prairies fauchées accueillent la Bergeronnette printanière (Motacilla flava), le Traquet tarier (Saxicola rubertra) et la Râle des genêts (Crex crex).

Les roselières et la végétation herbacée haute sont favorables à la nidification du Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus). Les peupleraies, de plus en plus présentent dans les marais, abritent la nidification du Loriot (Oriolus oriolus) et de la Bondrée apivore (Pernis apivorus). Les haies basses aubépines recueillent les nids de la Pie-grièche écorcheur (lanius collurio) et la Pie-grièche grise (Lanius excubitor) ainsi que la Fauvette babillarde (Sylvia curruca).

Parmi les insectes sont recensées des espèces d'intérêt patrimonial, en plus de celles citées en ZNIEFF I, de libellules tels l'Anax napolitain (Anax parthenope).

La faune piscicole est très riche en anguille (Anguilla anguilla). Elle est aussi représentée par les salmonidés migrateurs, présente sous forme de frayères, dans les cours d'eau tributaires de la Dives comme la Dorette, l'Algot, la Vie et l'Ancre, le Saumon atlantique (Salmo salar) et la Lamproie marine (Petromyzon marinus). La Dives offre un peuplement de Truite fario (Salmo trutta fario), de chabot commun (Cottus gobio) et de Lamproie de Planer (Lampetra planeri).

Ecosystème

Le territoire de la commune de Brucourt comprend 2 biotopes spécifiques partagés par la courbe de niveau des 5m: au-dessus, le bocage, et en-dessous, les marais.

Bocage

L'ancien mot "boscage" a longtemps désigné un "bosc", un bosquet, un petit bois, mais l'étymologie prête à confusion, puisque le bocage est une construction humaine et ne naît pas de la forêt d'origine.

Biotope bocager

Le bocage, qui couvre les 3/5 de la Normandie historiques, est composé de réseaux imbriqués de prairies, de fossés et de talus plantés, de haies qui composent un premier biotope hébergeant une biocénose spécifique.





Prairie complantée de pommiers en fleurs





Les "grands fonds argileux" sont moins faciles d'exploitation que les riches limons des plateaux mais ils ont grandement contribué à la réputation de richesse de l'agriculture normande. Drainés par des fossés profonds, protégés par des levées de terre colonisées par des haies vives, l'humidité du climat confère à ces territoires "d'exceptionnelles qualités pour porter de riches prairies naturelles de ray-grass et de trègle blanc, particulièrement remarquables pour l'élevage des vaches laitières et surtout pour l'embouche et pour l'élevage du cheval.

Du point de vue chimique, ces terres manquent de carbonate de chaux, de potasse et de phosphore. Sur le plan physqiue, la pente arénise les sommets, tapisse les versants de colluvions et accumule dans les fonds des colloïdes argileux.

Les parcelles sont de tailles moyenne (de 1 à 3ha) à grande (plus de 3ha). Elles étaient, dans l'après-guerre, complantées à 50% de pommiers de hautes tiges. Bordées d'arbres constituant des frondaisons hautes et épaisses, ils forment des voûtes au-dessus des chemins creux. Les parcelles, de formes irrégulières, abritent un habitat doublement dispersés de fermes éparses dans le bocage aux bâtiments dispersés dans des cours ouvertes. Des études de P.Brunet et M.C Dionnet démontrent que le bocage du Pays d'Auge était différent au début du XIXe siècle avec les vastes parcelles de grandes propriétés sur les plateaux et les plus petites parcelles de hameaux familiaux sur les versants moins riches. L'évolution contemporaine résulte "de la concentration des "petites terres" et la division des plus grands ensembles fonciers". L'évolution récente achève la mue du bocage augeron en lieu de villégiature.

Biocénose bocagère

Flore





Aubépine en fleurs




La flore du bocage est d'abord caractérisée par les haies où, aux niveaux les plus hauts, l'orme, décimé par la graphiose, est remplacé par le frêne accompagné du chêne pédonculé ou sessile. Au niveaux moyens, on retrouve le prunellier (premier à fleurir à la fin de l'hiver) et l'aubépine. Aux premiers niveaux de brise-vent croissent le rosier des champs, le sureau noir, le pommier sauvage, le noisetier et plus rarement le néflier commun sans oublier l'inévitable mûrier.

La flore des talus des haies se compose de la véronique, la stellaire holostrée, la grande marguerite commune, le primevère acaule et la primevère officinale ou coucou, le lamier blanc, l'orchis mâle, la vesce des haies, le cerfeuil penché et sauvage.

La flore des prairies, au milieu du ray-grass et du trèfle blanc, a une composition floristique faite de la chlore perfoliée, l'orchis grenouille, la gentiane d'Allemagne, le spiranthe d'automne et des plantes prairiales comme l'avoine élevé, la succise des près, le salsifis des près et laparnassie des marais.

Classés maintenant dans un règne à part: fungi, les champignons des haies et des talus normands sont représentés par les morilles, les verpes, les entolomes, les calocybes, les lépiotes, les volvaires, les agarics et les rhodocybes.

Activité économique

Activité agricole



Veaux et génisses de race normande à l'embouche





Brucourt a de tous temps une activité orientée vers le secteur primaire, la production agricole, entre bocage et marais, étant la seule activité économique notable de la commune, d'aussi longtemps que la mémoire du pays se souvienne. L'organisation urbaine de la commune est d'ailleurs toujours à l'image éclatée de l'habitat rural bocager.

Historiquement la production agricole était autarcique, puis locale avec l'institution au XIVe siècle par les moines de l'abbaye de Saint-Etienne de Caen du marché de Dives-sur-Mer. Le développement de la production de bêtes de boucherie par la généralisation du couchage en herbe et de l'embouche a accompagné le développement du transport vers Paris et sa région. Dans le même temps où la Normandie devenait le garde-manger de la capitale, les paysans normands augmentaient leurs revenus.

C'est la venue des premiers baigneurs de Caen et la vogue des bains de mer, puis la création des "colonies" estivales comme Cabourg et Houlgate qui ont ensuite contribué au développement d'une agriculture vivrière, au XIXe siècle et cela jusqu'à la Première Guerre mondiale, avec entre autre le succès du "marché des parisiens" le samedi matin sous la halle de Dives-sur-Mer.

Activité herbagère



Pommes, cidre et calvados du Pays d'Auge










En 1988, Brucourt compte 10 exploitations agricoles, au recensement agricole de 2000, il n'en reste plus que 6 dont 5 exploitations professionnelles sur 294 hectares (soit 45% de la superficie de la commune) dont 280 sont toujours en herbe pour accueillir une centaine de vaches, le reste des terres étant travaillé en labours pour la culture céréalière. La population agricole s'élève à moins de 30 personnes, 15 exploitants (chef d'exploitation et membres de la famille travaillant sur l'exploitation) et 8 salariés agricoles (en équivalence temps plein soit environ le double à temps partiel). Aujourd'hui la population de Brucourt n'est plus à dominante agricole.

Activité cidricole

La tradition augerone complantait les pâturages en lignes régulières de pommiers à pommes à cidre. Malgré une forte diminution du complantage des pommiers sur la commune de Brucourt, celle-ci est classée en zone cidricole.

A partir des pommes récoltées sur le territoire de la commune, et livrées à des producteurs, ceux-ci produisent et commercialisent du cidre classé depuis mars 1996 et confirmé en 2000 de l'AOC Pays d'Auge et du Calvados classé depuis 1942 AOC Pays d'Auge.

Activité laitière



Fromages du Pays d'Auge camembert et petit pont-l'évêque





Les augerons produisaient sous l'ancien régime un fromage de lait de vache à pâte molle et croûte lavée du nom d'augelot, c'est l'ancêtre des fromages normands comme le pont-l'évêque et le livarot avec peut être un autre fromage de lait de vache à pâte molle mais à croûte fleurie comme le camembert. Si aujourd'hui l'activité agricole est orientée vers l'embouche, les agriculteurs produisent toujours du lait. Le lait produit sur le territoire de la commune, vendu à des producteurs normands, permet la production de fromages AOC.

La commune de Brucourt est dans les limites de la zone permettant les appellations depuis 1972 pour l'AOC pont-l'évêque et depuis 1983 pour l'AOC camembert de Normandie.

Le livarot, reconnu AOC en 1975 sur la partie sud du Pays d'Auge, est en cours de réexamen de la zone d'appellation.A terme, la zone d'appellation couvrira l'ensemble du Pays d'Auge.

Autres activités

Le secteur secondaire, n'existe pas à Brucourt, qui ne comprend aucune activité de transformation.

Le secteur tertiaire non marchand n'est pas présent à Brucourt où il n'y a aucun service public hors la mairie.

Le secteur tertiaire marchand est peu présent avec une activité artisanale comprenant quelques représentants.

Les activités de service sont peu représentées.

Le village ne comporte aucun commerce de proximité. La route de Brucourt à Dives-sur-Mer conduit à 4km directement aux parkings des centres commerciaux Super U et Intermarché à l'entrée de Dives.

Population active

Suivant l'enquête annuelle de recensement de 2005, sur les 126 habitants de la commune, il y a 49 actifs (34.9%) dont 5 personnes inscrites au chômage (4.00%). Sur les 77 non actifs, il y a 30 retraités ou pré-retraités et 11élèves, étudiants ou stagiaires non rémunérés.

Ces 126 habitants sont répartis en 47 ménages (dont 11 ménages d'une personne) et 26 de ces ménages ont une personne de référence active.

Sport

Un club sportif existait encore il y a quelque temps à Brucourt: le "Tennis-club de la Clairière aux Biches" comportant 4 courts en quick et un double mur d'entrainement. Aujourd'hui l'activité du tennis-club est nulle et l'entretien des courts délaissé.



Tennis-club de la Clairière aux Biches






Tourisme

Brucourt est un village agricole et résidentiel à 4 ou 5km des villes balnéaires et des casinos de Cabourg et sa promenade Marcel Proust, et Houlgate et ses villas balnéaires du XIXe siècle. Il se trouve aussi à 4km du village d'art "Guillaume-le-Conquérant" et du port de plaisance de Dives-sur-Mer. L'arrière Pays d'Auge est aussi riche en villages pittoresques comme Beuvron-en-Auge et ses maisons à colombage du XVe au XVIIIe siècle.

Pour l'hébergement de tourisme, Brucourt comporte uniquement deux Gîtes de France.

Ecologie


Plateforme aménagée pour permettre aux cigognes blanches de faire leurs nids dans les marais






Le Muséum national d'histoire naturelle a défini en 1982, à la demande du ministère de l'Ecologie, la méthodologie de classement de zones géographiques à l'inventaire de la biodiversité et du patrimoine naturel. Ces zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) sont de 2 types:

.ZNIEFF I de superficie réduite, sont des espaces homogènes d'un point de vue écologique et qui abritent au moins une espèce et/ou un habitat rares ou menacés, d'intérêt aussi bien local que régional, national ou communautaire, ou ce sont des espaces d'un grand intérêt fonctionnel pour le fonctionnement écologique local,

.ZNIEFF II sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes. Elles peuvent inclure des zones de type I et possèdent un rôle fonctionnel ainsi qu'une cohérence écologique et paysagère.

Sur la commune de Brucourt, les marais de la Dives à l'ouest de la route départementale D 400 et au sud du cours de la rivière l'Ancre sont classés en ZNIEFF II. Cette zone comprend une ZNIEFF I qui correspond aux marais à l'ouest du grand canal ainsi qu'au cours de la rivière l'Ancre.

ZNIEFF I

La ZNIEFF I des marais "marais de Brucourt et Goustranville" est incluse dans la ZNIEFF II des "marais de la Dives". Le cours de la rivière l'Ancre et ses affluents sont aussi classés en ZNIEFF I.

mardi 18 août 2009

L'époque moderne

La vogue des bains de mer qui modifie la physionomie de la cote normande et le mode de vie de ses habitants n'atteint pas Brucourt. L'urbanisation qui voit la création des villes nouvelles de Cabourg à 5km en 1853 et en 1858 Houlgate à 6km touche peu Brucourt hormis la construction du manoir Saint-Laurent par un industriel du nord et le placement de quelques jeunes fermières dans les villas de bord de mer et d'autres garçons vachers comme jardinier ou cocher.

La création d'une usine métallurique par Eugène Secrétan à moins de 5km à Dives-sur-Mer en 1893, la Société d'Electro-Métallurgie de Dives, pour exploiter le brevet Elmore, a une influence plus importante. En 1925, cette usine emploie environ 1400 ouvriers, elle crée une nouvelle main-d'oeuvre ouvrière en drainant vers elle une main-d'oeuvre agricole. La fermeture progressive entre 1975 et 1986 de l'usine de Dives, devenue Tréfimétaux, fait à Brucourt ses premiers chômeurs.

La Seconde Guerre mondiale

L'occupation

Avis à la population placardés lors de l'occupation allemande


En 1940, les Normands suivent les combats de loin à la TSF. Ils voient arriver les premiers réfugiés, principalement des Parisiens ayant des attaches dans la région, en même temps qu'ils entendent le principalement des Parisiens ayant des attaches dans la région, en même temps, qu'ils entendent le maréchal Pétain faire "don de sa personne à la France". En ce 17 juin, c'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat", mais les troupes allemandes, sur leur lancée, n'arrêterons leur avance que le 25. Ainsi les Brucourtois constatent de visu les conséquences de l'effondrement de l'armée française. C'est le 20 juin, qu'arrivent par la côte depuis Villers-sur-Mer les Allemands qui prennent leurs quartiers à Houlgate, Dives-sur-Mer, Cabourg et Dozulé. Dès le 24, le couvre-feu est institué de 22h à 4h du matin, c'est le début de 4 années d'occupation avec la réquisition du manoir Saint-Laurent et des restrictions pour toute la population.

En ce début de 1944, les Brucourtois, comme bien d'autres, comprennent que les choses sont susceptibles de changement, les survols de reconnaissance et de bombardement par les Alliés, la mise en défense de la côte et l'inondation des marais par les Allemands, la mobilisation de la résistance, sont des indicateurs qui ne trompent pas. Si les survols sont plus importants dans cette nuit du 5 au 6 juin, c'est principalement les bruits de canonnade en direction de Caen qui confirment rapidement le débarquement. C'est aussi la découverte, au matin, d'un planeur avec les corps de 6 militaires anglais (enterrés dans le cimetière communal) égaré à 13km de son objectif. C'est bien le débarquement tant attendu et la libération.

La libération

Mais la stratégie de Montgomery va laisser la Côte Fleurie, le pays d'Auge et Brucourt à 10km de la guerre de libération. Le bourg est vidé de tous ses habitants par les Allemands, lors de l'évacuation de Cabourg. Ils doivent évacuer vers Dozulé entre le 11 et 24 juillet. Il faut attendre le 17 août pour que la libération de la Côte Fleurie soit lancée avec l'opération Paddle.


Les commandos du 1st Special Brigade peu après leur langage à Ranville à
quelques kilomètres de Brucourt

Ce sont les troupes aéroportées du 6e Airborne major-general (général de division) Richard Gale avec les commandos britanniques des 1ST et 4th Special Service Brigade, comprenant les "bérets verts" du capitaine Kieffer (les seuls Français ayant participé aux premières vagues du débarquement), appuyées des brigades belge du brigadier (général de brigade) Jean-Baptiste Piron et néerlandaise Princesse Irène sous les ordres du lieutenant-Colonel Ruyter Van Stevenick, qui se mettent en mouvement après être restées 2 mois enterrées dans leurs fox-holes (cagnas). Le 19 août, par grand beau temps, les 4 commandos (environ 1500 hommes) de la 1st Special Service Brigade du brigadier Derek Mills-Roberts, un vétéran du débarquement de Dieppe, après avoir traversé les marais inondés, sont face au grand canal de la Dives, au pied de la cuesta du fleuve.

Mills-Roberts a pour objectif de conquérir, par infiltration de nuit, la cote 130, les hauteurs de Bassebourg au-dessus de Brucourt. Les forces allemandes de la 346e division d'infanterie tiennent tout le flanc de la colline sur lequel ils sont étagés, mais les anglais ont souvent constatés qu'à la nuit les défenseurs allemands font retraite sur les hauteurs en se regroupant sur les routes et chemins permettant le ravitaillement. Mills-Roberts a choisi de contourner les hauteurs par le sud-est en direction de l'abbaye de Royal Pré et du manoir d'Angoville. Des section d'éclaireurs montent la pente depuis la ligne de chemin de fer en déroulant sur le sol un ruban blanc qui permet aux commandos, qui se suivent à se toucher, de ne pas se perdre. Finalement dans le silence le plus complet, en faisant quelques prisonniers au passage, les commandos gagnent leurs objectifs, par les côtes et par les crêtes, avant la fin de la nuit. Toute la matinée du 20, par un temps pluvieux, les commandos, faisant face à 4 contre-attaques, vont sécuriser tout le terrain conquis et découvrir quelques parachutistes qui se cachaient au milieu des Allemands avec l'aide des habitants des fermes éparses, et cela depuis la nuit du 6 juin. Le fait d'armes est inscrit au livre de marche du 1er corps d'armée britannique du lieutenant-general (général de corps d'armée)John Crocker.

La commune de Brucourt

Administration


La mairie de Brucourt

Services culturels


Bâtiment de ferme réaménagé au début du XXe siècle, aujourd'hui porterie et bâtiment d'hébergement du monastère de l'Annonciade.







Brucourt fait partie de la paroisse de Sainte-Trinité-des-Monts qui regroupe 24 communes et dont le presbytère se trouve à Dozulé. L'église Saint-Vigor de Brucourt est toujours consacrée mais des offices n'ont lieu qu'exceptionnellement. Les Brucourtois qui veulent participer à un office catholique romain peuvent avoir accès à l'arrière salle de la chapelle du monastère de l'Annonciade où les moniales les accueillent pour l'office du dimanche soir.

Le monastère de l'Annonciade dispose d'hébergements pour accueillirent des catholiques désirant faire une retraite spirituelle.

Les Brucourtois de confession protestante participent aux offices du dimanche matin au temple de Houlgate.

Il existe à Cabourg un centre communautaire juif ouvert généralement pendant l'été et des synagogues à Caen et à Deauville pour les Brucourtois de confession juive.

Les Brucourtois de confession musulmane disposent de 2 mosquées à Caen et d'une toute nouvelle mosquée à Hérouville-Saint-Clair.

Hydrographie


Le siphon sous la rivière l'Ancre

La commune de Brucourt est traversée du sud-est au nord-ouest par la rivière l'Ancre, tributaire du fleuve côtier la Dives dont le cours limite à l'ouest le territoire. Entre Dives et cuesta passe le Grand Canal, qui reçoit le canal Oursin au sud de la commune, tous 2 canaux de drainage des marais de la Dives.

C'est dans les premiers siècles du début du deuxième millénaire que les moines de l'abbaye de Troarn aménagent ces marais en créant des canaux de drainage. La Dives étant soumise sur plus de 10km au régime des marées, il faut évacuer de gros volumes d'eau uniquement pendant les marées basses, les grandes marées hautes inondent régulièrement les marais qui, suivant l'expression locale, "blanchissent". Il faut alors réguler les mouvements d'eau et les moines font creuser le Grand Canal qui va jeter dans le port de Dives-sur-Mer par l'intermédiaire de vannes de marée.

Le Grand Canal passe sur le territoire de la commune de Brucourt pratiquement à égale distance de la Dives et du pied de la cuesta, il reçoit sur sa rive gauche l'autre grand canal de drainage des marais de la Dives, le canal Oursin. Pour permettre à l'Ancre de continuer à se jeter dans la Dives, le Grand Canal coupe le cours de la rivière en passant sous l'Ancre au moyen d'un siphon.

Proche de l'église du XIIe-XVIIIe siècle, sourd une source d'eau ferrugineuse, la Fontaine de l'Etoile, qui attisa bien des convoitises au XIXe siècle mais dont l'eau est aujourd'hui rejetée au caniveau.

Climatologie

Le climat est de type océanique tempéré c'est-à-dire des hivers doux et pluvieux, et des étés frais et relativement humides avec un total annuel des précipitations assez fort et une faible amplitude thermique due à la proximité des côtes de la Manche. La pluviométrie est plus importante sur les reliefs en tête de bassin versant et est liée au régime des vents dominé par un flux d'ouest altéré par les vents thermiques créés par les différences de température entre la terre et la mer durant la journée. L'humidité relative moyenne est de 83%, le mois le plus pluvieux est novembre avec des valeurs mensuelles moyennes de 84.6mm d'eau et le mois le plus sec est août avec 47.4mm.La hauteur maximales de pluie tombée en une journée date du 29 juillet 1978 avec 86.2mm en 24h. Le mois le plus froid est janvier avec 1.8°C et les plus chauds juillet et août avec respectivement 21.6 et 21.7°C. Le record de froid a été atteint le 8 janvier 1985 avec -19.6°C et celui du jour le plus chaud avec 36.6°C le 1er juillet 1952. Le plus fort vent mesuré l'a été le 26 novembre 1983 à 144km/h.

Héraldique

La municipalité de Brucourt n'a pas adopté, ni officiellement ni officieusement, de blason pour son village.

Les armes référencées ci-dessous sont celles des seigneurs de Brucourt au XIIIe siècle.



Les armes des seigneurs de Brucourt se blasonnent ainsi:

Fascé d'or et de gueules de 6 pièces, à 21 fleurs de lys de l'une en l'autre par 3 séries de 4 et 3




Du temps du duché de Normandie


La conquête normande de l'Angleterre à travers la tapisserie de Bayeux


Brucourt apparait dans l'histoire alors que Henri Ier retraite après sa reconquête ratée de la Normandie en 1060, c'est du haut de la butte de Basbourg (Bassebourg), que le roi de France assiste impuissant à la mise en pièces de son armée au gué de Varaville par les troupes normandes de Guillaume le Bastard. Le fait est restitué un siècle plus tard par Robert Wace dans son Roman de Rou.

Au XIe siècle, les marais de la Dives n'existaient pas et son embouchure se confondait alors avec celle de l'Orne dégageant ainsi un vaste espace d'eau libre protégé du large par une longue île de sable. C'est ici, sous Brucourt, face à Dives-sur-Me, que le duc de Normandie Guillaume rassemble une immense flotte et toutes ses troupes en vue de la conquête de l'Angleterre. Il ne manque pas de quérir tous les seigneurs de la région, comme de tout son duché. Le sire de Brucourt devait être du nombre des conquérants qui accompagnent le duc Guillaume en Angleterre en 1066.

Trente ans plus tard, un fils du sieur de Brucourt accompagne Robert Courteheuse en Terre Sainte lors de la première croisade en 1096. Eudes de Brucourt et Ferrand de Brucourt comparaissent au ban des chevaliers en 1272. Robert de Brucourt est évêque d'Evreux en 1340 et Philippe de Brucourt l'est aussi en 1368. La famille de Vipart succède aux premiers seigneurs, elle-même remplacée par celle de Bourgueville. Charles de Bourgueville, sieur de Bras, bailli de Caen, devient seigneur de Brucourt au début du XVIe siècle. C'est à son arrière-petite-fille, Isabelle de Brucourt, qu'Eléazar de Sarcilly, sieur de Chaudeville, adresse une de ses pièces érotiques.

Sous l'Ancien Régime et la Révolution


Turgot, dit abbé de Brucourt

Au XVIIe siècle, la paroisse de Brucourt fait partie de l'évêché de Lisieux et de la doyenné de Beaumont-en-Auge. Les registres paroissiaux sont ouverts le 23 juin 1694 pour noter la nomination du nouveau curé de Brucourt, Gilles de Buats. Ils sont tenus jusqu'au 20 août 1791, pour indiquer le décès du curé de Brucourt, Jacques Binet. Ils sont ensuite confiés aux maires des communes par la loi du 20 septembre 1792.

Au XVIIe siècle, Dominique Turot (1629-1670) porte le titre de marquis de Sousmont et seigneur de Brucourt, titre qui passe à son fils unique Jacques Etienne, conseiller du roi, maître des requêtes, intendant de Metz (1670-1722) et à son petit-fils Michel Etienne, conseiller au Parlement de Paris, prévôt des marchands, conseiller d'Etat, membre de l'académie des Instituts (1690-1751). Michel-Etienne Turgot à 3 fils.

Au XVIIIe siècle, Brucourt, comme la Normandie, profite du développement de la ville de Paris qui autorise le couchage en herbe des terres pour assurer l'engraissement des bovins, la production et la transformation du lait dont le camembert est emblématique. Suivant l'historien Lavalley, la Révolution française et ses suites n'ont pas laissé de traces notables, hormis les heurs et malheurs de tous les Français de ces époques, lasse de tant d'agitation, la ville de Caen ne fit plus que subir toutes les phases du mouvement révolutionnaire, Directoire, Consulat, Empire, elle accepta tout sans discussion". Cette situation est généralisable au Calvados comme à Brucourt.


Brucourt

Géographie



Arrondissement: Lisieux

Canton:Dozulé

Code postal:14160

Maire: Régine David

Mandat en cours:2008-2014

Superficie: 6.6km²

Population sans doubles comptes: 129hab. (2006)

Densité:20hab./km²


Le Bourg, centre du village


Le bocage de Brucourt vu de la colline Saint-Laurent



Les marais de Brucourt vu de la colline de Bassebourg

Brucourt est un village de Normandie situé dans le Pays d'Auge à mi-distance entre Dives-sur-Mer (5km) et Dozulé (4.5km) et à 20km de Caen.

Brucourt est une commune française. Elle fait partie du canton de Dozulé, département du Calvados, région Basse-Normandie.

Entre mer et campagne, entre collines et marais, cultures, prairies et bois, il n'existe pas véritablement de "bourg" à Brucourt qui est l'exemple typique d'un l'habitat dispersé du bocage augeron. Brucourt est un village qui a toujours été à l'orientation agricole même si le XXe siècle l'a transformé aussi en lieu de résidence. En plus de l'activité agricole qui est toujours présente, les Brucourtois sont aujourd'hui des Augerons qui habitent sur la commune et qui travaillent dans (pour une minorité) et hors de la commune et aussi des horsains qui viennent s'oxygèner loin de la ville.

Etymologie

Les formes attestées sont Bruecourt, Bruticuria, Bruicort, Bruecort, Bruelcort, Bruecuria, Brucuria et enfin Brucourt. Brucourt( "domaine de la ferme") serait formé du bas-latin cortis, du latin cohors ("court" en ancien français) qui signifie "domaine rural" précédé soit du germanique bur ("ferme" en français) soit d'un nom de personne non déterminé.

Les habitants de Brucourt se nomment les Brucourtoises et les Brucourtois.

Brucourt est une commune agricole peu peuplée (environ 130 habitants) située sur la rive droite de la Dives à 5km de la côte de la Manche, dite Côte Fleurie. La superficie de la commune est de 660 hectares, superficie majoritairement agricole, comprise entre 2 et 105m d'altitude. L'habitat est historiquement dispersé, les implantations récentes se regroupent à l'entrée nord de la commune près de la Croix Kerpin. La commune est traversée par la D49 Dives-sur-Me/Dozulé, l'ancien et le nouveau chef-lieu de canton.


Le sud de la commune au pied de la colline de Bassebourg

Lieux-dits et écarts

Ses lieux-dits et écarts sont: le Château (ancien lieu d'un château seigneurial du XVIIe siècle et d'une chapelle Saint-Hermès datant de 1632) et la Ferme du Marais, la Hogue, la Croix Cornière et le Bourg, le Quesnay, la Bouverie, Colleville, le Lieu Lesny, le Bac de Varaville, le Lieu Belaitre, la Croix Kerpin, la Perelle, le Lieu du Haut, le Lieu des Brocs, les Bas Chênes, les Bruyères, la Cour et le Lieu Tardif.

Sur la colline Saint-Laurent sont construits l'église et le monastère de l'Annonciade.

Plans de la commune de Brucourt


Plan de la commune de Brucourt

Brucourt écologie


Brucourt marais Bocage


Brucourt Topographie-Hydrographie


Topographie


La rivière l'Ancre

Brucourt, établi au pied de la cuesta de la Dives, est surmonté de la colline de Bassebourg (Basbourg), un des lieux les plus élevés du plateau formant le Pays d'Auge (altitude 129m).

La vallée de la Dives est une vallée de déblaiement de formation pré-glaciaire. Ce déblaiement qui a attaqué la "pile d'assiettes" marno-calciare que forme la superposition des étages géologiques du bassin anglo-parisien, une grande partie des étages du Jurassique inférieur (Lias), moyen (Dogger) et supérieur (Malm) et, de manière incomplète, du Crétacé inférieur et supérieur. Ce déblaiement a crée une cuesta qui sépare la vallée de ce qui est aujourd'hui le Pays d'Auge en laissant ça et là des buttes-témoin qui culminent entre 50 et 60m. Au pied de la hauteur de Bassebourg, 6 de ces buttes sont sur la commune de Brucourt dont celle de Saint-Laurent(48m).

Pendant les dernières glaciations, le Dives surcreuse son cours et la remontée du niveau de la mer pendant la période post-glaciaire aboutit à l'envahissement de son estuaire, le réunissant à celui de l'Orne à l'abri d'une île dunaire. La mer remonte alors à une dizaine de kilomètres en amont de Troarn aujourd'hui à plus de 20km de la mer en suivant le cours actuel de la Dives. L'Orne et la Dives charrient suffisamment de sédiments pour combler progressivement leurs estuaires en formant une zone marécageuse. La route entre Brucourt et Varaville, qui coupe en ligne droite les marais, est la trace de la voie romaine qui relie Aregemua (Vieux-la-Romaine) à Noviomagus Lexoviorum (Lisieux) en passant par le lieu-dit le Bac de Varaville. Encore au début du XIe siècle, l'estuaire est si vaste que Guillaume le Conquérant y regroupe sa flotte estimée à environ 600 navires et plus de 7000 hommes avant d'envahir l'Angleterre. Brucourt est pendant le premier millénaire encore en bord de la mer, aujourd'hui le village se retrouve à 5km de la côte dite Côte Fleurie.

Cette histoire géologique a créé 2 territoires bien distincts sur la superficie de la commune, les marais aujourd'hui bien drainés aux parcelles séparées par des canaux de drainage, globalement à l'ouest de la route Dozulé-Dives-sur-Mer et à l'est, les pâturages aux parcelles séparées par des haies montant à l'assaut de la cuesta coiffée à l'origine d'une forêt encore présente par quelques bois sur les hauteurs.