mercredi 22 juillet 2009

La Haute-Chapelle

Géographie

Arrondissement: Alençon

Canton: Domfront

Code postal: 61700

Maire: Roger Grippon

Mandat en cours: 2008-2014

Population: 635 hab. (2006)

Densité: 35 hab./km²

Superficie: 19.31km²

Administration

Le conseil municipal est composé de 15 membres.

Lieux et monuments

Trois manoirs, édifiés sur le territoire de la commune de la Haute Chapelle, sont protégés au titre de la législation sur les monuments historiques. Les matériaux principaux, en cette extrémité du Massif Armoricain, en sont le grès schisteux et l'ardoise.

Le manoir de la Chaslerie

Le manoir de la Chaslerie se compose, sur une pente dominant un petit ruisseau, le Baudouët (affluent de l'Egrenne, qui se jette dans la Varenne, puis la Mayenne, puis la Loire), d'un ensemble pittoresque de bâtiments construits sur un site ancien (près d'une voie romaine), du XVIe au XVIIIe siècles, et de formes très diverses, notamment au niveau des toitures. Il est situé à 5km environ au nord de Domfront (département de l'Orne), sur la route de Lonlay-l'Abbaye.

Le manoir de la Chaslerie constitue ce que, dans le bocage normand, on appelle un "village", avec ferme, pressoir avec son "gadage", cave (pour le poiré et le calvados), fournils et puits. Diverses autres dépendances, elles sont en colombage (démontées) en prévision de leur restauration ultérieure), complétaient les abords. Le manoir proprement dit est bâti autour d'une cour fermée. Le bâtiment principal, à l'est de la cour, est flanqué en diagonale de 2 tours coifées en poivrières, il porte la date de 1598, à l'intérieur, un grand escalier de granit "à mur d'échiffre" dessert le premier étage. A l'ouest de la cour, sont édifiés une tour Louis XIII remarquable par la hauteur de sa verge de cheminée (de l'ordre de 15m), un bâtiment d'écuries et un colombier. Au sud de la cour, la double porte charretière et piétonnière est surmontée d'un élégant dôme "à l'impériale", à courbures inversées, chef-d'oeuvre de couverture. Sur l'ensemble des bâtiments sur cour, les cheminées sont décorées de "boules de noblesse", selon une tradition locale censée, du moins sous l'Ancien Régime, éloigner les agents du fisc en rappelant la noblesse des occupants. La chapelle, dédiée à Sainte Anne et dont l'intérieur fut richement décoré de peintures murales à 3 reprises (à la Renaissance, sous Louis XIV et au XIXe siècle), est bâtie à une vingtaine de mètres au sud du bâtiment principal, avec ce dernier, différents murs percés de nombresuses meurtrières, murets et 3 douves, elle entoure un terrain connu anciennement sous le nom de "Pournouët" (ce qui renvoie au caractère marécageux des terrains en contrebas, à l'est). Une allée de 2km de long relie le manoir au bourg de la Haute-Chapelle.

Le manoir a appartenu à la famille Ledin(dont les armoiries sont "d'azur fascé, à 3 étoiles en chef et un coeur en pointe, le tout d'or") jusqu'à la Révolution. En termes de féodalité, la Chaslerie relevait de l'abbé et des religieux de Lonlay. L'un des membres de la famille Ledin, gérant les intérêts privés du Ministre Sully à cette abbaye, s'était assez enrichi dans ce rôle pour rebâtir le bâtiment principal en 1598, année de l'Edit de Nantes. La violence de ces temps troublés explique le caractère défensif marqué du manoir. La famille Ledin occupa à diverses reprises la charge de vicomte de Domfront et s'éleva socialement, notamment grâce à des alliances, sans toutefois dépasser, du moins dans l'ordre administratif, des charges locales. Un Ledin avait essayé de faire valoir auprès du généalogiste de la Cour d'Hozier n'avait pas confirmé ces prétentions. Il est de fait, cependant qu'au XVIIe siècle, l'église de Notre-Dame-sur l'Eau, à Domfront, avait été en quelque sorte annexée par la famille Ledin qui avait fait apposer ses armes à de multiples endroits et déposé les dalles funéraires de nombre de ses membres, y compris un élégant gisant en armure, sculpté dans le calcaire et qui constitue, à ce jour, le seul gisant restant dans le département de l'Orne. Au moment de la Révolution, la famille Ledin était "tombée en quenouille", le gendre propriétaire de la Chaslerie, Louis-Marie de Vassy, comte de Brèce et de Pirou, seigneur de La Forêt-Auvray, fut député de la noblesse aux Etats généraux de 1789 puis émigra, de sorte que la Chaslerie fut vendue comme Bien national. La famille Lévêque, des gens de robe originaires du bourg voisin de Saint-Mars-d'Egrenne, en fit alors l'acquisition et la conserva pendant 2 siècles. Les derniers propriétaires de la Chaslerie, M. et Mme Pierre-Paul Fourcade, l'ont achetée en 1991 et en mènent la restauration sous le contrôle de l'administration des Affaires culturelles.

Inscrit, avec l'ensemble de ses dépendances, à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté ministériel de 1926 (pris à l'initiative d'Edouard Herriot), le manoir a été classé parmi les monuments historiques en 1995.

Le public peut visiter gratuitement l'extérieur du manoir tout au long de l'année. L'intérieur peut aussi se visiter, mais par groupes et sur rendez-vous, le droit d'entrée en est minime.

Depuis 1991, les travaux de restauration ont principalement visé la mise hors d'eaux des habitations et la remise en état des abords, différents murs de soutènement aux alentours, (notamment autour du Pournouët et dans l'avant-cour du manoir) ayant longtemps servi de carrières pour encaisser des chemins agricoles. L'intérieur des bâtiments devrait être dérestauré, rhabilité et restauré progressivement, dans une phase ultérieure de travaux.

A titre de curiosité, l'on signalera ici la restauration des épis de faîtage du manoir, selon les modèles et canons de l'ancienne poterie de GER, qui a cessé de produire au début du XXe siècle.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire